Bibliothèque du 7e Gerland

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Cercle de lecteurs de la bibliothèque de Gerland

Réuni samedi 19 octobre, le cercle de lecteurs de la bibliothèque de Gerland a parlé des livres suivants que les lectrices ont particulièrement aimés :

Summer - Monica Sabolo - Jean-Claude Lattès (présenté par Mélanie)
Les Wassner, une famille de la haute bourgeoisie genevoise au succès insolent, voient leur vie se briser le jour de la disparition de Summer, leur fille de 19 ans.
Benjamin, le fils cadet est présent cet après-midi là. Il pique-nique au bord du lac Léman aux côtés de sa sœur et de quelques amies. Il laisse couler le temps et revient seul. Il lui est impossible de se souvenir. Il n’a rien vu, rien remarqué d’étrange. C’est comme si Summer s’était évaporée dans l’air, dissoute dans l’eau.
Alors les années passent et Summer ne revient pas. Le malaise de Benjamin, âgé maintenant de 38 ans, se fait chaque jour plus profond. Il vit tétanisé par ses cauchemars et tente d’admettre que sa sœur a bel et bien disparu.
Un roman tout en atmosphère dont l’intérêt me semble-t-il est lié au point de vue choisi par l’auteure. En effet, le narrateur, Benjamin, un être à part et profondément dépressif nous crée le doute de sa juste vision des évènements, de sa capacité à interpréter le réel. Il erre dépossédé de sa vie, il coule et s’enfonce où se trouve peut-être sa sœur, cette Ophélie dansant sous le lac.
Un texte d’une beauté fantomatique sur le thème de la famille et de ses secrets.

Eden - Monica Sabolo Gallimard (présenté par Camille)
Pour son sixième roman, Monical Sabolo, journaliste et écrivain française, nous raconte l’histoire de Nita et Lucy, deux étudiantes habitantes d’une réserve bordant la forêt primaire. Au lycée deux mondes se côtoient, celui des blancs, et celui des habitants de la réserve. Monica Sabolo dresse le tableau vivant d’une forêt peuplée d’esprits et de fantasmes. Nous sommes immergés en terre animiste où la nature est un personnage à part entière. La forêt semble happer ceux qui s’y aventurent, et les régurgite tout dévastés et mutiques. Des adolescentes, des mères de famille, des jeunes garçons disparaissent. Le père de Nita s’y perd lui aussi et ne revient jamais.

Eden est un tortueux conte moderne dans lequel la brutalité est habillée de poésie, pour mieux nous révéler la violence de la domination masculine. La magnificence de la nature se retrouve peu à peu mise à mal par l’intervention humaine. Nous suivons tout au long du récit le chemin parcouru par des jeunes filles, leurs premières transgressions, leurs premiers amours. Il est question de bêtes affreuses qui sortent de l’enfer, et d’esprits de la forêt. La construction narrative choisie par Monica Sabolo s’apparente à un thriller qui nous happe pour mieux nous permettre de pénétrer dans le cœur de ces jeunes héroïnes. Nous entrons dans une terre de légendes malmenée par l’industrialisation à outrance. Fini le temps où la forêt et les hommes ne faisaient qu’un. Elle fait peur, mais elle reste malgré tout un territoire à protéger.

Itawapa - Xavier-Laurent Petit - école des loisirs
« Je n’ai plus que quelques minutes d’électricité par jour et je ne pourrai certainement plus t’envoyer de nouvelles avant un certain temps, mais não se preocupe, Talia, tudo bem. Ne t’inquiète de rien. Tout va bien. » Talia a beau relire le dernier mail de sa mère pour se rassurer, le « certain temps » s’éternise. Cela fait déjà un mois et demi que « tout va bien », quarante-huit jours exactement que Juana ne lui a plus donné signe de vie. Quelle idée, aussi, de s’installer, seule, dans une baraque minable au coeur de la forêt amazonienne ! Lorsqu’elle a découvert qu’Itawapa était au centre d’un projet de forages pétroliers, sa mère a démissionné de son poste de professeur d’ethnologie pour voler au secours d’Último, le dernier survivant d’une tribu indienne décimée dans des circonstances mystérieuses. Est-il hostile ? Est-il amical ? Comment le savoir ? Personne n’a jamais réussi à le rencontrer. Talia est bien décidée à tout faire pour retrouver sa mère. Quitte à s’enfoncer dans 200 kilomètres carrés de forêt vierge, de marais et de terres inexplorées et pas forcément hospitalières… (Source éditeur)
Xavier-Laurent Petit a l’imagination vagabonde, un article, une photo peuvent l’entraîner au bout du monde. Cette fois, c’est un dossier de Courrier international consacré à l’Amazonie qui a déclenché sa « machine à écrire ». On y parlait de l’Índio do Buraco, seul et dernier survivant d’une tribu d’Indiens Arriedos, qui refusent tout contact avec notre civilisation. C’est à lui, qui sans doute n’en saura jamais rien, que Xavier- Laurent Petit a dédié ce livre. (Source éditeur)

Le renard et la couronne - Yann Fastier - Ricochet (présenté par Camille)
Il est assez difficile de résumer en quelques lignes ce roman d’aventure long et captivant. Attirant au premier regard par la couverture délicatement illustrée par Katerina Bazantova, ce récit est particulièrement bien écrit, non sans humour. Le suspens est orchestré avec un rythme assez soutenu. Nous voici face à une histoire protéiforme qui renferme en elle plusieurs histoires. Le roman débute en Dalmatie (région littorale de la Croatie) à la fin du XIXe, dans la maison d’une très pauvre vieille dame malade, et qui élève seule sa petite fille. La vieille dame meurt rapidement, et la jeune fille de 10 ans à peine se retrouve contrainte de prendre seule le chemin de la vie. Mais comment faire quand on n’a pas de soutien de son entourage, et qu’on n’a pas un sou en poche ?
Le tableau que nous dresse l’auteur réveille immédiatement chez le lecteur une soif d’imaginaire et d’aventures. Et nous ne serons pas déçus. Devenue orpheline, Ana plonge rapidement dans un univers où il est nécessaire d’apprendre à voler, et à ne pas rester seul. A partir de là, les différentes vies de Ana se déroulent sous nos yeux, à un rythme captivant. Les différentes étapes sont à la fois foisonnantes et d’une grande richesse d’écriture. Le destin de notre héroïne aussi complexe que bien ficelé se déroule en 3 parties au cours desquelles la chance et le bonheur côtoient sans cesse la peur et l’incertitude du lendemain. Yann Fastier nous livre un personnage à la soif de vie et de liberté infaillibles et contagieuses. Trouvant à chaque instant des personnes ressources sur qui elle peut s’appuyer, Ana franchit les innombrables injustices dont elle est victime.
S’amusant avec les codes et la langue de l’époque, Yann Fastier offre au lecteur une fresque féministe et révolutionnaire à dévorer à tout âge (Lu vu entendu CB).

Melancholy - Crépuscule du tourment t.1 - Leonora Miano - Grasset
De nos jours, quelque part en Afrique subsaharienne, au Cameroun peut-être, quatre femmes s’adressent successivement au même homme : sa mère, la femme à laquelle il a tourné le dos parce qu’il l’aimait trop et mal, celle qui partage sa vie parce qu’il n’en est pas épris, sa sœur enfin.
À celui qui ne les entend pas, toutes dévoilent leur vie intime, relatant parfois les mêmes épisodes d’un point de vue différent. Chacune fait entendre un phrasé particulier, une culture et une sensibilité propres. Elles ont en commun, néanmoins, une blessure secrète : une ascendance inavouable, un tourment identitaire reçu en héritage, une difficulté à habiter leur féminité… Les épiphanies de la sexualité côtoient, dans leurs récits, des propos sur la grande histoire qui, sans cesse, se glisse dans la petite.
D’une magnifique sensualité, ce roman choral, porté par une langue sculptée en orfèvre, restitue un monde d’autant plus mystérieux qu’il nous est étranger… et d’autant plus familier qu’il est universel. . (Source éditeur)

Héritage - Crépuscule du tourment t.2 -Leonora Miano - Grasset
Après des années passées à l’étranger, Amok revient au pays afin d’élever son fils dans un environnement préservé du racisme. Ce retour ravive d’amers souvenirs, des conflits familiaux, l’inconfort d’une appartenance sociale mal assumée.
En proie à un accès de violence, il bat sa compagne Ixora. Horrifié par son geste, il prend la fuite pour affronter son père dont il pense avoir hérité « le fauve caché dans l’âme des hommes de sa lignée ». Dans sa course, il est victime d’un accident de voiture qui le laisse semi-conscient : c’est par l’esprit qu’il traverse ses gouffres intérieurs, revisite son histoire intime et ses blessures secrètes.
Il s’agira pour lui de s’accepter pour être en mesure de transformer son lourd héritage. Épousant la structure d’un thème de jazz, donnant une voix aux vivants et aux morts, ce roman est celui de la reconquête de soi et de la rédemption.
Crépuscule du tourment 1, Melancholy mettait en scène quatre voix de femmes s’adressant au même homme : un chœur convergeant vers un centre muet. Crépuscule du tourment 2, Heritage part de l’intériorité de cet homme, autour duquel gravitent d’autres figures masculines et les femmes de sa vie. . (Source éditeur)

Un océan d’amour - Scénariste : LUPANO Wilfrid - Illustrateur : PANACCIONE Grégory - Coloriste : PANACCIONE Grégory - Delcourt
Chaque matin, Monsieur part pêcher au large des côtes bretonnes. Mais ce jour-là, c’est lui qui est pêché par un effrayant bateau-usine. Pendant ce temps, Madame attend. Sourde aux complaintes des bigoudènes, convaincue que son homme est en vie, elle part à sa recherche. C’est le début d’un périlleux chassé-croisé, sur un océan dans tous ses états. Une histoire muette avec moult mouettes. . (Source éditeur)

Nos richesses - Kaouther Adimi - Seuil (présenté par Saoussade)
En 1935, Edmond Charlot a vingt ans et il rentre à Alger avec une seule idée en tête, prendre exemple sur Adrienne Monnier et sa librairie parisienne. Charlot le sait, sa vocation est d’accoucher, de choisir de jeunes écrivains de la Méditerranée, sans distinction de langue ou de religion. Placée sous l’égide de Giono, sa minuscule librairie est baptisée Les Vraies Richesses. Et pour inaugurer son catalogue, il publie le premier texte d’un inconnu : Albert Camus. Charlot exulte, ignorant encore que vouer sa vie aux livres, c’est aussi la sacrifier aux aléas de l’infortune. Et à ceux de l’Histoire. Car la révolte gronde en Algérie en cette veille de Seconde Guerre mondiale.
En 2017, Ryad a le même âge que Charlot à ses débuts. Mais lui n’éprouve qu’indifférence pour la littérature. Étudiant à Paris, il est de passage à Alger avec la charge de repeindre une librairie poussiéreuse, où les livres céderont bientôt la place à des beignets. Pourtant, vider ces lieux se révèle étrangement compliqué par la surveillance du vieil Abdallah, le gardien du temple. (Source éditeur)

le bûcher -György Dragomán - Gallimard
La Roumanie vient tout juste de se libérer de son dictateur. Les portraits du camarade général ont été brûlés dans la cour de l’internat où Emma, treize ans, arrivée après la mort tragique de ses parents, cherche encore à s’orienter. Quand une inconnue se présente comme étant sa grand-mère, elle n’a d’autre choix que de la suivre dans sa ville natale.
Cette femme étrange partage sa maison avec l’esprit de son mari défunt et pratique la sorcellerie. Mais Emma comprend vite qu’il y a d’autres raisons à l’accueil malveillant que lui réservent les habitants de la ville.
Peu à peu, elle découvre les secrets de sa famille. Profondément traumatisée et compromise par l’histoire qu’a traversée son pays, sa grand-mère a utilisé les pouvoirs de la magie pour surmonter des décennies dominées par la peur, la manipulation et la terreur. Et c’est cette force-là qu’Emma tente à son tour de libérer en elle pour trouver sa place dans un monde de nouveau bouleversé.
Avec Le bûcher, György Dragomán, grand talent de la littérature hongroise, emporte ses lecteurs dans l’univers poignant d’une jeune fille au courage extraordinaire, tout en nous confrontant à un héritage contemporain dont les plaies sont à peine refermées. (Source éditeur)